10 points à retenir pour présenter un manuscrit à un éditeur
En créant mon fichier pour Reconquêtes, je me suis rappelé que, pour présenter un manuscrit aux éditeurs, il faut respecter certaines règles primordiales. Plusieurs auteurs débutants ont tendance à oublier ces principes de base et organisent leur manuscrit de n’importe quelle manière (et en utilisant du Comic Sans pour leur corps de texte… ce qui mériterait la prison, selon moi.)
Souvenez-vous qu’un manuscrit mal présenté vous fera passer pour un amateur auprès d’un éditeur. Et je ne parle même pas des fautes d’orthographe! Non, je parle de la grosse base, la vraie de vraie!
Note : ces conseils ne sont pas des suggestions, ce sont des obligations. Respectez-les tous! (à défaut d’attraper tous les Pokémons)
- Votre page couverture sera sobre. Elle comportera le titre de votre oeuvre, votre nom et vos coordonnées complètes. Retenez ceci : « manuscripts with fancy covers are always bad »1. Cela signifie que si vous présentez une couverture avec plein de couleurs, de dessins et de personnages manga qui se lancent des éclairs, cela veut nécessairement dire que vous essayez de mettre beaucoup de crémage autour d’un mauvais texte. L’éditeur le pensera, en tout cas. Sans compter que ça fait franchement n00b.
- Votre corps de texte sera écrit en Times New Roman, 12 points. Rien d’autre.
- Votre texte sera présenté en double interligne. Ça fait beaucoup de papier gaspillé, n’est-ce pas? Dites-vous qu’à défaut de vous plier à cette obligation, votre manuscrit se ramassera à la poubelle et LÀ ça sera du vrai gaspillage.
- Au bas de chaque page figurera le numéro de la page, le titre de votre œuvre et votre nom.
- Votre texte sera organisé en paragraphes (eh! oui! plusieurs l’oublient.)
- Vos paragraphes commenceront par un alinéa (ça aussi, c’est un détail assez bâclé.)
- Organisez vos dialogues comme vous le voulez, mais soyez constants.
- Un tiret de dialogue est un tiret cadratin. Ce n’est pas un tiret ordinaire. Je répète : un tiret de dialogue est un tiret cadratin. Dans Word, la combinaison pour obtenir un tiret cadratin est ctrl+alt+(tiret sur le clavier numérique). Compris?
- Respectez les sécables/insécables. Word possède des fonctionnalités de correction automatique pour ça. Votre grammaire peut aussi vous en dire long sur le sujet.
- Imprimez recto seulement. Pas de recto-verso!
Voilà l’essentiel pour faire preuve d’un minimum de professionnalisme. L’éditeur pourra alors se concentrer uniquement sur la qualité littéraire de votre texte.
Est-ce que j’oublie quelque chose?
1 Désolé, j’ai lu cela dans un article en anglais, il y a bien longtemps, et je suis incapable d’en identifier la source.
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Oui (enfin, une précision) : un tiret de dialogue marque le début d’un nouveau paragraphe, qui doit donc commencer par un alinéa. OUI, même s’il y a un tiret. Coquins, allez. À ce sujet, il faut aussi éviter de laisser Word faire des listes avec plusieurs tirets de dialogues consécutifs (qui deviennent alors décentrés par rapport au reste du texte).
Mais enfin. Très bon billet
Certains éditeurs préfèrent que le manuscrit soit relié(sobriété et classique, je choisis toujours une reliure noire). La plupart des maisons d’édition l’indiquent sur leur site.
J’ajoute également une feuille, une seule en présentation: résumé du manuscrit et une brève biographie-bibliographie.
Mon éditeur préférait simple au lieu de double… J’imagine que c’est selon la maison d’édition aussi…
Effectivement, si certains préfèrent ça à simple interligne… Mais c’est bien plus difficile d’annoter un texte comme ça, par contre.
C’est certain qu’il faut s’informer avant de soumettre pour une maison d’édition. Les conseils énumérés sont des conseils globaux. Une maison d’édition qui accepte le simple interligne va probablement accepter le double. L’inverse, peut-être pas.
Il faut aussi voir si la maison accepte les soumissions électroniques. Mais j’ai toujours pensé que les soumissions électroniques pouvaient « passer dans le beurre », parfois. J’ai soumis _Caressez-moi_ à certains éditeurs de cette manière et je n’ai même pas reçu de confirmation de réception.
Je sais que je suis plusieurs en retard, mais je suis à quelques semaines de soumettre mon manuscrit et je dois te dire que tes conseils sont très utiles. Simple question, dans la boîte, outre le manuscrit et une courte présentation de moi-même, dois-je aussi envoyer un résumé de mon histoire?
Certains mettent le résumé directement sur la page couverture du manuscrit (quelques lignes). Personnellement, je préfère joindre un résumé sur une feuille volante, attachée avec un trombone. Une seule page. Certains éditeurs en tolèrent deux.
Mais je crois que c’est toujours une bonne chose de joindre une bonne synopsis à son roman.
Merci pour ton information, je vais suivre ton conseil.`
Misère, j’ai encore oublié un mot dans le message précédent!
Benoit : N’oublie pas que le synospis est un résumé du roman qui décrit l’intrigue du début à la fin. Et oui, il faut que tu stoole tous les punchs dans le synopsis !
Petite Question :
Quand on doit marquer un saut ou une délimitation dans le texte (dans le même chapitre mais deux parties différentes) a-t-on le droit d’y mettre un symbole ?
Exemple : ***
Ou toute mise en page de ce genre est-elle mal vue? Comme j’ai bossé longtemps en tant qu’adjointe, disons que la mise en page, je suis pointilleuse…
Et, j’admets que la différence entre un script cinéma (mon habitude) et le roman (dans la mise en page seulement) est tout un monde!
Aussi, j’ai cherché partout mais on ne dit pas comment placer la margelle… Ils disent environs 24-25 lignes par page mais aucune indication de marge (les laisser standard dans Word? Les étirer et allonger un peu? Moi, en 12 pts. Times New Roman, je n’arrive pas à 24-25 lignes par page il me semble, j’arrive à moins…
Merci,
Shamane
Je ne pense pas qu’on accorde une grande importance aux marges, tant que ça demeure lisible.
Pour les marqueurs de délimitations de texte, j’ai toujours employé les trois étoiles (* * *). Certains préfèrent mettre une dièse. L’important, encore une fois, c’est de ne pas mettre d’ambigüité là-dessus.
Allo,
J’ai une autre question stupide…
Tu sais, quand un personnage se met à raconter une histoire… Je sais que dans ce cas spécifique, il y a un retrait et des guillemets… Toutefois, quelle est la règle la plus commune là-dessus?
Si tu veux un exemple rapide de ce que je veux dire, voilà :
—–
Le vizir se décida enfin à lui dire la vérité.
« Il y a fort longtemps, blablablablabla »
Et bon, ça continue indéfiniment parce que c’est un perso qui raconte une histoire (disons 1 ou 2 pages max.).
Merci de ton aide,
Shamane
Bonjour,
Je vous remercie pour ces précisions.
Néanmoins, je n’ai pas compris le précepte numéro 9
» Respectez les sécables/insécables. Word possède des fonctionnalités de correction automatique pour ça ». (Kesako? Comment faire?)
De plus, j’aimerai savoir comment fait-on un alinéa à chaque début de paragraphe. La touche tabulation du clavier me donne le sentiment que l’alinéa est trop espacé.
Merci d’avance à l’auteur du blog, et à toute âme charitable qui pourrait me répondre!
Pour les insécables, je parle surtout des guillemets français qui se retrouvent seuls en début de ligne. C’est laid et ça manque un peu de professionnalisme. En général, ces fonctions sont définies par défaut dans Word, si on a défini sa langue comme étant « Français Canada ». Au Québec, il n’y a pas d’espacement devant les signes « ! » et « ? », par exemple. Donc, si on se met en « Français France », le logiciel insèrera des espacements indésirables à ces endroits.
Pour les alinéas, une tabulation ordinaire est de mise. Encore une fois, il peut y avoir une configuration dans Word qui modifie l’espacement de cette tabulation. Je conseille les valeurs par défaut. Bref, en installant le logiciel, ne changez rien.
Bonjour,
j’écris un roman où deux personnages vont se rencontrer…dans un premier temps, il y a donc 2 histoires racontées par plusieurs chapitres qui succèdent les uns aux autres…
est-il possible d’écrire les chapîtres en times (pour l’une) et dans une autre police pour l’autre…pour plus de lisibilité et quelle autre police est admise ?
Merci pour la réponse
J’ai déjà vu ça dans un livre, mais je serais porté à éviter une telle pratique, au sens où un changement de typographie peut effectivement déranger le lecteur, même si ce n’est pas grand-chose.
Somme toute, pour l’impression papier, les experts recommandent toujours des polices avec empattements (Times, Book Antiqua, par exemple). Arial serait à éviter, puisqu’elle n’en comporte pas, et rend donc la lecture plus ardue.
OK Merci Dominic,
je vais essayer Book antiqua + times mais je ne sais pas ce qu’est un empattement…
au moins le temps de rédiger (pour m’y retrouver)…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Empattement_%28typographie%29
Eh bien moi, j’ai une aventure peu commune à raconter.
En 2007, j’ai envoyé un manuscrit au comité de lecture de nombreuses maisons d’édition.
Je n’ai reçu que des refus ; un certain nombre d’éditeurs n’ont tout simplement pas répondu à cet envoi, parmi lesquels “Les Éditions du Bord-de-l’Eau”, sises dans le sud-ouest de la France.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, quelque temps après, sur le blog de cet éditeur, un éloge de mon manuscrit par le directeur de la maison, M. Dominique-Emmanuel Blanchard :
« J’ai noté que ça arrivait souvent comme ça : après des semaines d’indigences littéraires surgissent, deux, trois manuscrits qui m’enchantent.
Hier c’était “Malateste”, aujourd’hui c’est “Apostrophe aux contemporains de ma mort”.
Que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’une œuvre réjouissante malgré son titre. À commencer par son style.
L’ai-je assez déplorée cette pauvreté du style dans ce qui tombe dans la boîte postale et sur les messageries de BDL !
Et voilà que coup sur coup le style renaît, ne cesse de renaître de ses cendres (je vous épargnerai le cliché du Phénix, enfin, presque).
Voulez-vous un exemple de ce fameux style dont il m’arrive de rebattre les oreilles des incrédules ? Oui, n’est-ce pas ?
Voici donc :
“Ensuite je ne sais plus, j’ai un trou de mémoire. Je crois que les événements se sont précipités. Qu’on sache seulement que d’assis je me suis retrouvé couché sur le dos, qu’il n’était plus à côté de moi, mais sur moi, et que de paroles entre nous il ne pouvait être question, car il s’affairait à rendre la chose impossible à lui comme à moi.” »
http://domi33.blogs.sudouest.com/archive/2007/12/20/deb-le-style-bordel.html
Je n’ai jamais eu aucunes nouvelles de cet éditeur.
(Heureusement j’ai trouvé il y a peu un autre éditeur).
Bonjour,
Je débarque ici par un lien que j’ai trouvé sur le blog d’Isabelle Lauzon.
Voilà des conseils bien utiles que je m’empresserai de mettre en application dès que j’aurai terminé mon histoire. J’éviterai peut-être ainsi à mon manuscrit d’aller grossir les poubelles de tri sélectif !
A bientôt.
Dame Sco’